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LA REFERENCE
depuis 24 ans
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STRATÉGIE RH
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LES MUTATIONS DES METIERS DES SYSTEMES D’INFORMATION,
QUELLES CONSEQUENCES POUR
LES ENTREPRISES ET LES CANDIDATS ?
Par Philippe ARSAC, Président d’EuroWin Consulting
Group.
Cabinet de recrutement par approche directe spécialiste depuis
1990 des métiers des Systèmes d’Information. EuroWin
est expert dans le recrutement de tous les postes liés à
ces métiers, de ceux connexes (Supply Chain) et dans l’accompagnement
des mutations (évaluation, veille, coaching), en particulier dans
un contexte international.
Depuis
la création d’EuroWin Consulting Group au début
des années 90, le fonctionnel métier a pris une place majoritaire
dans l’informatique par rapport à la technique. Plus généralement
depuis 30 ans, l’informatique est devenue de plus en plus stratégique,
alors qu’à l’inverse elle est omniprésente au
quotidien. Dans les années 1975-1985 les utilisateurs n’avaient
guère d’idée des temps requis et des complexités
engendrées par les développements, la Direction Informatique
était maîtresse. Dans les années 1985-1995 les utilisateurs
ont progressivement récupéré de l’autonomie,
notamment à travers les infocentres et la micro-informatique, il
y a eu démystification. Avec la montée en puissance des
ERP depuis 1995, la partie applicative est devenue moins technique, plus
stratégique et le terme Système d’Information s’est
généralisé. Dans la période 1995-2000 les
Directions des Systèmes d’Information furent souvent tributaires
des éditeurs, les cabinets de conseil et les SSII. Enfin depuis
2001, avec la volonté de la maîtrise des coûts et d’industrialisation,
les forfaits se sont généralisés, l’externalisation
s’est amplifiée avec les contrats de services et l’outsourcing.
Une mutation importante s’est produite au niveau
de la fonction de DSI elle-même. Dans certaines entreprises il est
vrai, le DI ou RI dépend encore du Directeur Administratif et Financier
et l’informatique est vue comme un centre de coût, mais le
mode projet et la réduction des coûts constituent déjà
une évolution de taille. Dans le cas de groupes plus grands (mais
pas nécessairement), le Directeur des Systèmes d’Information,
occupe une place stratégique. Il est amené à chapeauter
l’organisation, il opère au niveau de la Direction Générale,
il apporte de par sa fonction une valeur ajoutée importante à
son entreprise. Il est à noter que bien souvent dans le cadre de
la mise en place d’ERP la complexité technique de conception
du projet a été réduite, mais elle se reporte sur
l’architecture, l’intégration de système et
l’exploitation. Sous une apparente facilité, les environnements
informatiques se sont considérablement diversifiés (architectures
propriétaires ou ouvertes, architectures de services, réseaux,
bureautique, Web, Intranet, EAI etc.). Un travail de standardisation est
en cours mais est loin d’être achevé au sein de nouvelles
technologies (XML, J2EE, Struts, Dotnet etc.).
Le phénomène d’externalisation va
produire dans les années à venir une profonde mutation,
non sans rappeler celle vécue par les industries successives. Depuis
le 19ème siècle cette industrialisation a entraîné
la croissance et la création de richesse dans des endroits où
la production se développait, alors que les régions moins
industrialisées voyaient la perte de leurs emplois. Les projets,
après avoir subit un coût d’arrêt en 2001 sont
progressivement repartis, assez fréquemment accompagnés
de changements de localisations géographiques. Deux domaines sont
concernés : rationalisation de la production informatique au sein
de groupes multipolaires, conduisant à la mise en cohérence
des systèmes et des applications (notamment pour diminuer le nombre
des ERP) et rassemblement de centres de production, véritables
ressources partagées des différentes entités. La
maturation de ce secteur crée des centres de compétences
européens ou mondiaux. Ajoutons que les Systèmes d’Information
sont d’un niveau de complexité supérieur aux énergies
primaires ou secondaires et que l’imbrication avec les métiers
de toute l’entreprise et les interactions humaines fortes nécessitent
de prendre en compte plus de variables pour prédire les évolutions
de ce secteur.
Parallèlement de nouveaux acteurs ont vus le jour
dans le monde. La Chine et l’Inde ont acquis un énorme potentiel
de production, la Chine principalement en hardware et l’Inde en
software. Apportons ici une donnée intéressante, le nombre
d’informaticiens indiens aurait dû passer en 2005 le cap du
million avec 44% de l’outsourcing mondial. Or McKinsey estime à
1,6 Million le marché en 2008, tandis qu’en Inde le NASSCOM
(National Association of Software and Service COMpanies, un peu l’équivalent
du SYNTEC) estime qu’ils ne seraient en fait que 800 Mille vers
cette date. Ceci indique un déficit entre la demande et l’offre
et entraine une augmentation importante des salaires. D’autre part
en informatique, les tâches ne sont plus du codage de base comme
c’était le cas il y a un an, mais également la création
de composants de haut niveau. L’investissement massif d’IBM
à Bangalore sur les Architectures Orientées Services (SOA)
et les 39000 personnes employées en Inde par cette société
(en augmentation de 39% par rapport à l’an passé)
en témoigne. Ces données sont confirmées par notre
étude de l’évolution des salaires IT sur le plan mondial.
Cette étude a révélé pour 2007 une projection
d’augmentation des salaires informatique en particulier en Chine
de l’ordre de 7% et de 11% en Inde. On pourra se reporter par exemple
à l’article Le Monde Informatique du 16 mai 2007 «
L’Inde et la Chine en tête des plus fortes progressions -
A l’échelle Internationale les écarts de salaire se
réduisent » auquel nous avons contribué. Cette étude
rejoint les projections des analystes qui laissent apparaître que
les salaires Chinois et Indiens pourraient même dépasser
les pays occidentaux dans une dizaine d’années.
Bien entendu, on pourrait citer quantités d’autres
pays, à commencer par nos voisins des pays de l’Est
où il existe de réelles compétences moins chères,
ou d’autres pays asiatiques francophones comme le Vietnam qui ont
du potentiel. A contrario d’autres technologies encore à
inventer et de nouveaux besoins complémentaires engendreront d’autres
postes. Quelles sont les conséquences sur le marché de l’emploi
du secteur informatique ?
L’ensemble des mutations observées tant au niveau des matériels
que des logiciels sont celles d’une industrialisation (CMMI, ITIL,
etc.) et d’une diffusion de masse (microinformatique, logiciels
grands publics, progiciels, etc.). Or toute industrialisation s’accompagne
d’abord par une taylorisation, puis une diminution des emplois «
primaires » suivie normalement par la création d’autres
types d’emplois. Le marché du recrutement s’industrialise
également avec le risque d’une certaine déshumanisation,
un préjudice pour les individus, mais également d’un
manque qualitatif pour les entreprises (erreur de sélection, mauvaise
image de l’entreprise, motivation médiocre des personnes,
etc.) ; c’est un point sur lequel nous sensibilisons les entreprises,
le gain de temps apporté par la technologie doit être l’opportunité
de se consacrer plus à l’humain, de faire de la veille et
non de devenir une simple mécanisation, qui au surcroît entraînera
la perte des meilleurs profils. La recherche de diminution des coûts
et une moindre demande des métiers des Systèmes d’Information
avait entraîné une stagnation voire une diminution des salaires
de certaines fonctions (aux Etats-Unis où l’adaptation au
marché est très rapide, la rémunération des
développeurs a chuté de 17% en 2003 et 2004). La délocalisation
dans des pays à main d’œuvre meilleur marché
accompagne ce phénomène (la délocalisation est estimée
à 2% par an sur les 600 000 salariés du secteur). En France
en 2005 les métiers liés aux ERP (Consultant, Chef de Projets…)
et à l’Internet étaient restés au cœur
du marché, mais étaient rentrés dans le rang après
une progression parfois déraisonnable entre 1996 et 2001. En 2006
on a assisté à une reprise des salaires sur ces profils,
en 2007 on frise la surchauffe. Quelle va être l’évolution
de l’emploi dans les systèmes d’information au cours
des années à venir ?
Certains concluaient à la hâte que les professionnels
des Systèmes d’Information allaient être une denrée
courante, nous ne partagions pas cette analyse et le retournement du marché,
de nouveau au niveau des meilleures années, nous donne raison.
L’évolution du marché des Systèmes d’Information
est liée avec celui de l’économie, l’Informatique
fait partie de la vie de tous les jours et le Système d’Information
doit accompagner la compétitivité de chaque entreprise.
Si donc l’économie poursuit en moyenne au niveau mondial
une évolution positive, le cumul des départs en retraite,
un certain nombre de reconversions et de nouveaux besoins accentueront
encore la pénurie de compétences dans toute une série
de fonctions. Le nombre global de postes techniques et de développement
d’affaires à pourvoir va logiquement continuer à l’accroître,
aidé par le papy boom des 5 prochaines années, peu anticipé.
Il y aura certes une diminution des postes offerts dans les sociétés
utilisatrices au bénéfice de sociétés externes
(sociétés de services, constructeurs, éditeurs, infogéreurs),
mais de nouvelles compétences seront recherchées, tandis
que le métier continuera à se professionnaliser. Les études
techniques de façon générales attirent moins les
étudiants et les carrières d’expertise sont moins
valorisées que dans les pays anglo-saxons, ce qui va entraîner
une stagnation, voire une diminution des personnes formées. Or
les compétences suivantes seront encore d’avantage prisées
par les grandes entreprises et les métiers du service : expertise
informatique selon les spécialités, capacité à
prendre en main plannings, suivi de projets, organisation, compétences
métiers, esprit prospectif. D’autre part, les postes commerciaux
et technico-commerciaux de bon niveau sont et seront indispensables pour
le développement des sociétés prestataires, sans
oublier des postes de management. Enfin, devant le relèvement des
tarifs des SSII, dopés par la demande, les sociétés
utilisatrices seront également tentées d’accroître
leurs recrutements, c’est d’ailleurs ce que nous observons
dès maintenant.
Les carrières des Systèmes d’Information continueront
donc d’offrir des opportunités, mais ceux qui les emprunteront
devront plus que jamais bien analyser leurs objectifs par rapport à
un choix de filières nombreuses. Un niveau Bac + 4 ou 5 devra être
visé (quitte à reprendre des études ensuite) et l’équilibre
personnel, l’adaptabilité et l’ouverture d’esprit
seront de plus en plus indispensables. N’oublions pas que la compétition
mondiale se fera avec des pays qui possèderont une culture de travail
et que la mobilité géographique sera davantage nécessaire
pour rejoindre les centres de compétence. En sus de tous les postes
« classiques » des personnes ayant la capacité à
parler plusieurs langues et à intégrer d’autres cultures
auront intérêt à se tourner vers des postes de coordination
internationale pour le suivi de développements, la gestion de projet,
les interfaces fonctionnelles, la qualité des services, etc. dont
nous voyons la demande s’accroître fortement.
Les technologies de l’information et de la communication
constituent pour les sociétés un formidable moyen
de pilotage, une partie de leurs mémoires, de leur mental artificiel,
de leur courroie de transmission. Pour autant les entreprises ne doivent
pas perdre de vue l’importance de leurs moyens humains. La gestion
de ce capital humain (recrutement, évaluation, progression, coaching,
formation…) est un point clef de la compétitivité.
Or les sites d’emploi, et les sociétés de services
ou d’intérim dans leurs activités de préembauche
banalisent l’acte de recrutement et la relation avec ces personnes.
Le métier du chasseur de têtes d’excellence dans les
SI a lui-même dû évoluer, car ses missions requièrent
des connaissances multiples : informatiques, RH, stratégiques,
métiers (Commercial, Logistique, Finances, Marketing, Technique…).
Il faut savoir trouver et évaluer les candidats en fonction de
ces critères, donc aller au delà de la fourniture de profils
ciblés à première vue. Dans une excellente équipe
de football, la victoire au plus haut niveau n’est possible que
grâce au leadership du capitaine qui mobilise, au recrutement, aux
finances, à la méthode d’entraînement, à
la communication, sans oublier l’essentielle détermination
de tous à atteindre les objectifs fixés. En un mot la culture
d’entreprise est une valeur d’avenir en évolution perpétuelle
dans laquelle les hommes et les femmes des Systèmes d’Information
devront être plus que jamais associés. Le cabinet de Conseil
en Recrutement Informatique doit intégrer dans la recherche et
dans la sélection des candidats la compréhension de métiers
généralement mal connus et de ce fait insuffisamment gérés
par les entreprises, afin de jouer pleinement son rôle de partenaire.
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